Les Bahamas appliquent le CRS depuis 2018, exigent des dépôts minimums élevés, et leurs banques ferment des comptes de non-résidents sans prévenir. Ce qu'il faut savoir avant de postuler, et quelles destinations tiennent vraiment ce que les Bahamas promettent.

Les Bahamas comptent parmi les destinations bancaires offshore les plus recherchées. Le nom seul charrie des décennies d'associations avec la confidentialité financière, les palmiers et la discrétion. La réalité de 2026 est nettement plus prosaïque et, pour la plupart des clients qui nous contactent à ce sujet, nettement moins attrayante que prévu.
Nous ne proposons pas les Bahamas dans notre portefeuille. Cet article explique pourquoi, et quelles destinations offrent réellement ce que l'on cherche quand on cherche un compte aux Bahamas.
Premier fait, et le plus important : les Bahamas participent à la norme commune de déclaration (CRS) depuis 2018. Les banques des Bahamas déclarent une fois par an soldes de fin d'année, intérêts, dividendes et produits bruts des cessions de titres à l'administration fiscale bahamienne, qui transmet les données au pays de résidence du titulaire. Le mécanisme qui s'applique en Suisse, aux îles Caïmans et au Panama s'applique aux Bahamas. Il n'y a aucun avantage sur le terrain du CRS.
Cela ne rend pas un compte aux Bahamas inutile, mais cela retire l'argument de la confidentialité qui motive la plupart des recherches. Qui cherche un compte hors de la chaîne de déclaration CRS doit chercher ailleurs. Les options figurent dans notre panorama des pays hors CRS en 2026.
Les banques des Bahamas ont historiquement servi une clientèle internationale fortunée. Cette histoire se reflète dans leurs dépôts minimums. Pour un compte de non-résident, les minimums courants vont de 25 000 à 100 000 USD. Les relations de banque privée dans les grandes maisons commencent à 500 000 USD ou plus.
Ce n'est pas un problème en soi pour le bon client, mais cela crée un rapport entre risque et rendement défavorable une fois combiné aux problèmes de stabilité des comptes évoqués plus bas. Payer un ticket d'entrée élevé pour un compte susceptible d'être fermé sans préavis est une mauvaise affaire.
Le secteur bancaire des Bahamas s'est nettement contracté au cours de la dernière décennie. Plusieurs banques internationales ont complètement quitté le marché ; d'autres ont progressivement durci leurs critères d'acceptation des non-résidents. Le résultat est un schéma que nous voyons revenir en consultation : des clients qui avaient ouvert un compte aux Bahamas il y a cinq ou dix ans ont reçu une lettre de clôture, souvent sans explication et souvent avec un court préavis.
Ce n'est pas propre aux Bahamas, c'est une tendance mondiale portée par la réduction des risques (de-risking), la pression des banques correspondantes et le coût de la conformité, mais les Bahamas en sont un exemple particulièrement marqué, tant la contraction du secteur a été visible. Un compte qui existe aujourd'hui n'existera peut-être plus dans deux ans. Pour une relation qui exige un dépôt minimum important et toutes les frictions de l'entrée en relation d'un non-résident, cette instabilité est un vrai sujet.
Soyons justes : pour le bon profil de client, un compte aux Bahamas a de vrais avantages. Des comptes en dollars avec un accès direct au système du dollar américain. La stabilité politique et une longue histoire de place financière. Une banque en anglais, avec des standards documentaires familiers aux clients internationaux. Ni impôt sur le revenu, ni impôt sur les plus-values, ni droits de succession aux Bahamas mêmes, ce qui compte pour les clients qui envisagent aussi d'y prendre leur résidence.
Mais ces avantages existent ailleurs, avec des minimums plus faibles, une meilleure stabilité des comptes et, dans certains cas, sans déclaration CRS. La comparaison n'est pas flatteuse pour les Bahamas.
La question est toujours la même : quel est l'objectif de fond ? On cherche les Bahamas pour plusieurs raisons différentes, et chacune a une meilleure réponse.
Si vous voulez un compte hors d'une déclaration CRS effective : la Macédoine du Nord ne participe pas au CRS, et la Géorgie y a officiellement adhéré en 2024, mais ses banques ne demandent ni justificatif de domicile ni numéro fiscal. Ce sont les options les plus claires, toutes deux entièrement à distance, toutes deux avec des minimums faibles ou nuls, toutes deux avec des systèmes bancaires stables. Les États-Unis sont la plus grande juridiction hors CRS du monde ; comment y ouvrir un compte est expliqué sur Non-CRS bank account (en anglais). Dans tous les cas, ouvrir et détenir ces comptes est légal, le compte se déclare sur le formulaire 3916 et ses revenus restent imposables en France.
Si vous voulez un compte en dollars dans une banque offshore stable : le Panama et le Belize proposent tous deux des comptes en dollars, une ouverture à distance et des secteurs bancaires qui se sont montrés plus stables que les Bahamas pour les non-résidents au cours de la dernière décennie. Le Panama applique le CRS ; le Belize l'a rejoint lui aussi en 2018, mais tous deux offrent une meilleure stabilité des comptes avec des minimums plus faibles.
Si vous voulez de la banque privée à un niveau de prix comparable : les îles Caïmans et les îles Cook servent le même segment de clientèle avec des relations plus prévisibles. Le Liechtenstein et Monaco offrent une banque privée européenne au profil de risque entièrement différent.
Si vous voulez les Bahamas pour y résider : c'est une autre conversation, qui dépasse la banque, et où les Bahamas peuvent réellement avoir du sens. Mais la relation bancaire doit être évaluée pour elle-même, et non considérée comme une suite automatique de la décision de résidence.
Les Bahamas sont une juridiction légitime, avec une véritable histoire bancaire. Ce n'est pas une arnaque, et les comptes qu'on y ouvre ne sont pas dangereux en soi. Mais en 2026, la combinaison de la participation au CRS, de minimums élevés et d'une stabilité déclinante des comptes de non-résidents fait que c'est rarement la meilleure réponse à la question qui motive la recherche. Il existe de meilleures options pour chacun des objectifs qui mènent d'ordinaire aux Bahamas, et ce sont ces options que nous proposons dans notre portefeuille.
Si vous ne savez pas quelle destination correspond à votre situation, la consultation gratuite est le bon point de départ. Nous vous dirons honnêtement si les Bahamas sont la bonne réponse, et sinon, laquelle l'est. La consultation se déroule en anglais.
Les Bahamas participent-elles au CRS ? Oui, depuis 2018. Les banques des Bahamas déclarent soldes de fin d'année, intérêts et revenus à l'administration fiscale du pays de résidence du titulaire. Il n'y a aucun avantage sur le terrain du CRS.
Quel dépôt minimum les banques des Bahamas exigent-elles ? En général de 25 000 à 100 000 USD pour les non-résidents. Certaines banques privées exigent 500 000 USD ou plus. La combinaison de minimums élevés et d'une stabilité incertaine des comptes rend le rapport entre risque et rendement défavorable.
Quelles sont les vraies alternatives à un compte aux Bahamas ? Selon votre objectif : la Macédoine du Nord (hors CRS) ou la Géorgie (officiellement dans le CRS depuis 2024, aucun flux de données exploitable constaté à ce jour) pour des minimums faibles et une ouverture à distance ; le Panama ou le Belize pour des comptes en dollars dans un système bancaire stable ; les îles Caïmans ou les îles Cook pour la banque privée à des niveaux de prix comparables, mais avec une meilleure stabilité des comptes.
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