Ce que les banques mexicaines doivent verser au dossier client, pourquoi les niveaux de compte de la banque centrale comptent, comment le numéro fiscal RFC dépend de la carte de résident, et quand le Mexique n'est tout simplement pas le bon outil pour un plan B.

Le Mexique reste l'un des pays d'expatriation les plus vivants d'Amérique latine. Qui s'y installe a besoin tôt ou tard d'un compte bancaire : pour le loyer, l'électricité, la vie de tous les jours. Et c'est là que l'attend la première surprise. La banque ne demande pas d'abord votre argent, mais votre carte de résident. Certaines banques veulent aussi voir le numéro fiscal mexicain, le RFC. Sans l'un ni l'autre, vous ressortez sans compte.
C'est ce que décrivent les intervenants de notre vidéo tournée à Mexico, à partir de leur expérience sur place. Il n'y a là aucun caprice d'un conseiller, mais un ensemble de règles à la logique claire : le dossier client, les niveaux de compte de la banque centrale et le registre fiscal. Connaître l'ordre des étapes vous épargne des rendez-vous inutiles en agence. Et si vous ne voyez le Mexique que comme un plan B, vous constaterez vite qu'une autre voie vous convient mieux.
Les intervenants le résument en une phrase : pour ouvrir un compte au Mexique, il faut y avoir une résidence, et une résidence qui tienne au moins un an, c'est-à-dire en pratique un statut de residente temporal. Certaines banques exigent en plus le RFC. Sans lui, pas de compte.
Le cadre juridique, ce sont les règles anti-blanchiment du ministère mexicain des Finances, les Disposiciones de carácter general prises en application de l'article 115 de la loi sur les établissements de crédit. L'autorité de contrôle bancaire, la CNBV, veille à leur respect. Selon la règle 4ª, la banque doit constituer un dossier d'identification pour chaque client avant d'ouvrir le compte. Le texte distingue deux catégories d'étrangers. La fracción I vise les Mexicains et les étrangers titulaires de la condición de estancia de residente temporal ou de residente permanente au sens de la loi sur les migrations. La fracción III vise les étrangers sans ce statut : leur dossier exige le passeport, le document d'entrée de l'Instituto Nacional de Migración s'ils en ont un, et un justificatif de l'adresse de leur lieu de résidence.
Sur le papier, la réglementation prévoit donc aussi le client sans résidence. Qu'une banque l'accepte ou non relève de sa propre décision, selon sa propre appréciation du risque. Et la pratique que décrit notre vidéo est sans ambiguïté : le dossier se construit sur la carte de résident.
Pour les clients résidents, la règle énumère les données une à une : nom complet, sexe, date et pays de naissance, nationalité, profession ou activité, l'adresse du domicile sur votre lieu de résidence avec rue, numéro, ville et code postal, numéro de téléphone, adresse e-mail et enfin la CURP, le RFC ou un numéro fiscal étranger avec le pays qui l'a attribué, si vous en disposez.
Viennent ensuite les copies. Selon le texte modifié publié au Diario Oficial le 10 juillet 2026, la pièce d'identité doit être un document officiel original, en cours de validité le jour de sa présentation, avec photo et signature. Pour les étrangers résidents, la règle admet expressément le passeport ou les documents de l'Instituto Nacional de Migración attestant leur statut migratoire. Valent justificatif de domicile :
C'est là que se situe le cœur pratique du problème. Qui vient d'arriver n'a ni facture d'électricité à son nom ni attestation de l'administration fiscale. Son propre bail est souvent le seul document utilisable tout de suite. Quant au RFC, la règle dit seulement : s'il existe. Les banques qui font du numéro fiscal une condition placent la barre plus haut que le minimum réglementaire. C'est leur politique commerciale, et vous devez en tenir compte.
La deuxième couche vient de la banque centrale. La Circular 3/2012 du Banco de México classe les comptes de dépôt à vue en pesos par niveaux, et le niveau attribué dépend des documents remis à l'ouverture. Depuis la Circular 11/2026, publiée le 17 juin 2026, il y en a cinq. Les plafonds sont exprimés en UDIS, l'unité de compte indexée sur l'inflation dont la banque centrale publie la valeur en pesos. Les banques retiennent la valeur du dernier jour du mois précédent.
Pour les niveaux inférieurs, les règles anti-blanchiment autorisent une identification simplifiée. Le niveau 1 se contente du nom et de la date de naissance ; le niveau 2 ajoute l'adresse, et le nom comme la date de naissance doivent provenir d'un document officiel. Ce sont des comptes pour de petits montants, plafonnés mois après mois. Si vous voulez y faire passer le loyer, votre épargne ou des virements de l'étranger, il vous faut un compte de niveau 4, et donc le dossier complet. La Circular 11/2026 le dit précisément en renvoyant aux documents que les banques doivent recueillir pour les comptes de niveau 4 en vertu des règles de l'article 115.
Le RFC est attribué par l'administration fiscale, le SAT. Sa fiche de procédure pour l'inscription des personnes physiques (fiche 39/CFF de l'annexe 1-A de la Resolución Miscelánea Fiscal) est claire, y compris pour les étrangers. La demande se fait en personne dans un bureau du SAT, sur rendez-vous pris à l'avance, et elle est gratuite. Il faut apporter une pièce d'identité officielle, un justificatif de domicile et un document migratoire valide, par exemple la carte de residente permanente ou de residente temporal. La condition est d'avoir une CURP, le code d'identification personnel mexicain. Pour les étrangers présents dans le pays, le SAT accepte la CURP inscrite sur leur carte de résident.
Il en résulte une chaîne que vous ne pouvez pas raccourcir : carte de résident, puis CURP, puis RFC, puis la banque. Et la boucle se referme, car l'attestation d'inscription au RFC vaut à son tour justificatif de domicile auprès de la banque. Avec le RFC, vous avez souvent aussi le papier qui vous manquait.
S'inscrire auprès du fisc mexicain est toutefois plus qu'une formalité pour la banque. Savoir si et à partir de quand le Mexique vous considère comme résident fiscal est une question à part. Réglez-la avant de prendre rendez-vous au SAT.
Comment obtenir la résidence est un sujet en soi, et dans notre réseau, l'adresse pour cela est notre site partenaire VidaLibrePlan. Pour le compte, trois points comptent, tels que l'autorité migratoire les fixe dans ses lignes directrices sur les procédures migratoires et sur sa page consacrée à la résidence permanente :
Pour la banque, cela signifie une chose : la pièce d'identité doit être valide le jour de sa présentation. Une carte qui expire dans quelques semaines est une base fragile pour un nouveau dossier. D'où la règle empirique de la vidéo : la résidence doit tenir au moins un an.
Une fois le compte ouvert, la garantie des dépôts mexicaine s'applique. L'IPAB, l'institut de protection de l'épargne bancaire, couvre selon sa propre communication jusqu'à 400 000 UDIS par personne et par banque, automatiquement et gratuitement. Sont couverts notamment les comptes d'épargne et les comptes courants, les cartes de débit, les comptes de salaire et les dépôts à terme. Ne sont pas couverts les placements dans des fonds d'investissement, auprès d'assureurs, de caisses d'épargne et de crédit, de sociétés d'épargne et de prêt, de maisons de courtage et de banques de développement, même lorsqu'ils sont proposés dans l'agence d'une banque commerciale, pas plus que les crypto-actifs. La comparaison internationale se trouve dans La garantie des dépôts dans le monde.
Un compte mexicain n'est pas un compte discret, et personne ne devrait le voir ainsi. Selon le tableau de l'OCDE, le Mexique fait partie des 49 juridictions qui ont lancé l'échange automatique d'informations sur les comptes financiers selon la norme commune de déclaration (CRS) dès 2017, dans le même groupe que la France. Le fonctionnement de cet échange est expliqué dans Le CRS expliqué. Et quelle que soit la déclaration de la banque, si vous résidez fiscalement en France, les revenus du compte figurent dans votre déclaration de revenus et le compte lui-même se déclare chaque année sur le formulaire 3916. Le détail figure dans Déclarer un compte à l'étranger.
Les intervenants de la vidéo en tirent une ligne claire. Si vous ne voulez le Mexique que comme plan B ou comme simple résidence de conformité, la voie mexicaine ne convient guère, selon leur appréciation. Une autre combinaison est alors plus adaptée, par exemple une société américaine avec une relation bancaire aux États-Unis. L'ouverture d'un compte bancaire aux États-Unis est détaillée sur notre page pays. Pour protéger un patrimoine lié au Mexique, les intervenants préfèrent des structures dans les Caraïbes et aux États-Unis plutôt que dans le pays même.
La voie mexicaine vaut la peine pour celles et ceux qui ont un vrai lien avec le pays. Le Mexique est bruyant et plein d'énergie, chaotique dans les grandes villes et splendide dans sa nature, et sa mentalité ne convient pas à tout le monde. Le conseil de la vidéo est donc simple : passez d'abord quelques semaines sur place, avant de lancer résidence, numéro fiscal et compte. Et si vous voyagez en nomade numérique sans domicile fixe, vous connaissez déjà le problème de fond ; nous le décrivons dans la banque sans adresse stable.
Ouvrir et détenir un compte à l'étranger est légal. Les revenus restent imposables là où vous résidez, et il ne s'agit en rien de dissimuler quoi que ce soit. Il s'agit du bon ordre : d'abord la résidence, puis le numéro fiscal, puis la banque, ou tout de suite un compte dans un pays qui correspond à votre projet.
Remarque : cet article ne constitue pas un conseil fiscal, juridique ou en investissement. Pour une question fiscale personnelle, adressez-vous à un professionnel du conseil fiscal.